Huit ans après la disparition de leur fils Hylian, Sandra et Thomas Sammarcelli demandent toujours que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa naissance et de son décès. Depuis Pietralba, en Haute-Corse, ils ont pris la parole ce vendredi 23 octobre 2026, accompagnés de leur avocat, Me Jean-Christophe Coubris.
Une naissance suivie d’un drame
Le 16 octobre 2018, Sandra Sammarcelli est hospitalisée à Bastia pour un déclenchement de l’accouchement, quelques jours après la date prévue. Selon le récit présenté par la famille, la grossesse n’avait pas connu de difficulté particulière. Hylian naît le 17 octobre à 1 h 40, dans un état critique. Après une réanimation à Bastia, il est transféré au CHU de Nice. Les examens mettent en évidence de graves lésions cérébrales associées à un manque d’oxygène.
Face au caractère irréversible des atteintes, une prise en charge palliative est décidée en accord avec ses parents. Le nourrisson décède le 25 octobre 2018, huit jours après sa naissance.
La surveillance pendant le travail au cœur des interrogations
Pour Me Jean-Christophe Coubris, la manière dont le rythme cardiaque du bébé a été surveillé pendant le travail soulève des questions majeures. L’avocat soutient que des anomalies apparaissaient sur le monitoring au cours de la soirée et reproche à la sage-femme d’avoir interrompu l’enregistrement sans faire intervenir l’obstétricien de garde.
Il estime qu’une prise en charge différente aurait pu éviter l’issue dramatique. Il s’agit à ce stade des arguments défendus par la famille et son conseil : les responsabilités pénales restent à déterminer par la justice.
Une sage-femme mise en examen
Le 20 mai 2026, la sage-femme qui avait accompagné l’accouchement a été mise en examen pour homicide involontaire. Cette décision marque une étape de l’instruction, mais ne constitue pas une déclaration de culpabilité. La professionnelle bénéficie de la présomption d’innocence.
Sur un autre volet, l’avocat de la famille indique qu’une expertise remise en février 2025 a identifié des manquements du centre hospitalier de Bastia. En mai 2025, la commission de conciliation et d’indemnisation de Corse a estimé que des fautes ouvraient droit à réparation. Cette appréciation ne doit pas être confondue avec un jugement pénal.
Des parents éprouvés par huit années de démarches
Au-delà des procédures, Sandra et Thomas Sammarcelli décrivent le poids d’un deuil qui ne les quitte pas. Leur prise de parole vise à obtenir des réponses sur ce qui s’est passé avant et pendant la naissance de leur enfant, et à faire reconnaître les responsabilités qui pourraient être établies.
Selon leur avocat, un avis de fin d’information a été délivré dans la procédure pénale. Il espère la tenue d’une audience en 2027, sans qu’aucune date de procès soit fixée à ce jour.
Sollicités par Corse-Matin, l’avocate de la sage-femme et l’agence régionale de santé n’ont pas souhaité commenter l’affaire. Le centre hospitalier de Bastia a rappelé la distinction entre les procédures administrative et pénale, ainsi que son respect pour la douleur de la famille et le travail de la justice.
Huit ans après, la famille ne demande pas que l’on préjuge d’une décision : elle attend que les faits soient éclaircis et que la justice puisse se prononcer.
