Routes corses : un rapport qui fait grincer les dents
Aiò, en Corse, on connaissait les virages, les routes étroites et les nids-de-poule. Mais cette fois, ce sont les chiffres officiels qui donnent le vertige !
La Chambre régionale des comptes vient de dresser un bilan préoccupant de la politique routière de la Collectivité de Corse.
Son constat est sans appel : 51 % du linéaire des chaussées examinées se trouve en mauvais ou très mauvais état.
Et ce n’est pas tout. Les ponts, les investissements et la programmation des chantiers sont également pointés du doigt.
Près de 5 000 kilomètres de routes à entretenir
Depuis 2018, la Collectivité de Corse assure la gestion de près de 5 000 kilomètres de routes.
Ce réseau comprend notamment :
- 633 kilomètres de routes territoriales.
- 4 333 kilomètres de routes départementales.
- Plus de 14 000 ouvrages d’art, dont 2 635 ponts et six tunnels.
Un patrimoine considérable, particulièrement difficile à entretenir sur une île montagneuse.
Entre les intempéries, les glissements de terrain et les fortes variations de fréquentation, les infrastructures sont soumises à rude épreuve.
Mais selon les magistrats financiers, ces contraintes naturelles n’expliquent pas toutes les difficultés.
51 % des chaussées dégradées et 15 % des ponts à traiter en urgence
C’est probablement le chiffre qui fera le plus réagir les automobilistes.
D’après les résultats présentés par la Chambre régionale des comptes, plus de la moitié du linéaire des chaussées est en mauvais ou très mauvais état.
Autre constat préoccupant : 15 % des ponts nécessitent des interventions urgentes.
Attention toutefois : cela ne signifie pas que tous ces ponts menacent de s’effondrer. Le rapport signale un besoin d’intervention prioritaire, sans établir une telle conclusion générale.
Pour les habitants qui empruntent quotidiennement les routes de montagne, ces chiffres soulèvent une question essentielle : comment améliorer durablement la sécurité et le confort des déplacements ?
Parce qu’entre un virage serré, un trou dans la chaussée et un sanglier qui traverse, inutile d’ajouter des surprises au programme !
82 millions d’euros investis chaque année
Le problème ne se résume pourtant pas à un manque de moyens.
La politique routière constitue le premier poste d’investissement de la Collectivité de Corse.
Selon la Chambre régionale des comptes, elle mobilise en moyenne 82 millions d’euros par an sur la période étudiée.
Parallèlement, environ 47,3 millions d’euros sont consacrés chaque année à la maintenance des infrastructures.
Malgré ces montants importants, les magistrats relèvent plusieurs insuffisances.
Ils pointent notamment une connaissance tardive de l’état réel des routes, des difficultés de programmation et une part importante d’interventions non planifiées.
En clair, la question n’est pas seulement de savoir combien d’argent est dépensé, mais aussi comment les travaux sont organisés.
Des chantiers qui prennent du retard
Le rapport examine également les projets de modernisation du réseau routier.
Après huit années, moins de la moitié des opérations programmées sont achevées.
Près d’un cinquième n’ont toujours pas été lancées.
Les opérations terminées représentent seulement 32 % de l’enveloppe globale du programme pluriannuel d’investissement.
La Chambre régionale des comptes souligne également les délais particulièrement longs de certains grands projets, notamment la voie nouvelle Bastia-Furiani.
De quoi alimenter le débat sur les priorités et l’efficacité des investissements publics.
Des travaux sont pourtant engagés
La Collectivité de Corse poursuit plusieurs programmes de rénovation et de sécurisation.
Le 9 octobre 2026, elle a notamment présenté les travaux prévus sur la RD 84, qui traverse l’intérieur de l’île par le Niolu et le col de Verghju.
Plusieurs sections doivent être rénovées entre octobre 2026 et 2028.
L’opération principale est inscrite au programme d’investissement 2026-2030 pour un montant de 8,25 millions d’euros TTC.
Ces travaux montrent que des interventions sont engagées. Toutefois, le rapport souligne la nécessité d’une stratégie plus cohérente et d’une meilleure anticipation à l’échelle de l’ensemble du réseau.
Et maintenant, quelles priorités pour les routes corses ?
La Chambre régionale des comptes a également relevé une hiérarchisation tardive du réseau, réalisée en 2025.
Elle signale aussi l’absence d’un règlement de voirie commun à l’ensemble du territoire.
Un second volet du contrôle, consacré à la commande publique dans le domaine routier, doit être publié d’ici la fin de l’année 2026.
En attendant, le premier rapport pose une question fondamentale : comment mieux entretenir les routes existantes tout en poursuivant les grands projets d’aménagement ?
Pour les automobilistes corses, la réponse ne se mesure pas uniquement en millions d’euros.
Elle se mesure aussi en kilomètres parcourus sans mauvaises surprises.
Aiò, on ne demande pas des autoroutes partout dans le maquis. Mais des routes entretenues, ce serait déjà pas mal !
Et vous, quelle est la pire route de Corse ?
Entre Ajaccio, Bastia, la Balagne, le Niolu, le Taravu ou l’Extrême-Sud, chacun connaît probablement un tronçon qui mériterait une sérieuse rénovation.
Diteci tuttu ! Quelle route devrait être réparée en priorité selon vous ?
MC – Corsactu
