Dépistage du cancer du sein : la Corse-du-Sud face à un retard préoccupant

Publié le 24 octobre 2026 à 20:30 par MC

En Corse, l’accès au dépistage organisé du cancer du sein varie fortement d’un département à l’autre. Les chiffres rendus publics ce samedi 24 octobre 2026 mettent en lumière un écart préoccupant : 27,6 % de participation en Corse-du-Sud contre 43,7 % en Haute-Corse. À l’échelle nationale, la participation atteint 45,7 % sur la période 2024-2025.

Un écart de plus de seize points entre les deux départements

Les données relayées par Corse Net Infos, issues du centre régional de coordination du dépistage des cancers, montrent que les deux départements restent sous la moyenne française. La Corse-du-Sud accuse un retard particulièrement marqué : moins de trois femmes concernées sur dix participent au programme organisé, selon les taux rapportés.

Ces pourcentages décrivent la participation au programme organisé et ne signifient pas que les autres femmes n’ont effectué aucun examen en dehors de ce dispositif. Ils constituent néanmoins un indicateur important de l’accès à la prévention.

Distance, rendez-vous et manque de spécialistes

Le docteur Éric Marmouset, représentant régional des radiologues, souligne les obstacles géographiques et le maillage insuffisant des cabinets. Selon les secteurs, se rendre à une mammographie peut demander un déplacement conséquent. Les délais pour obtenir un rendez-vous peuvent également atteindre plusieurs semaines, voire deux mois dans certains cas.

La question du renouvellement des professionnels inquiète aussi : équipements coûteux, contraintes techniques et départs à la retraite peuvent fragiliser l’offre, y compris dans les zones déjà desservies.

À qui s’adresse le dépistage organisé ?

En France, le programme organisé invite les femmes de 50 à 74 ans à réaliser une mammographie tous les deux ans. Lorsqu’aucune anomalie ne nécessite d’examen complémentaire immédiat, les clichés font l’objet d’une seconde lecture indépendante. Le but est de détecter plus tôt d’éventuelles lésions et d’améliorer les possibilités de prise en charge.

En présence d’un symptôme ou d’un risque particulier, il ne faut pas attendre l’invitation : un professionnel de santé peut proposer une démarche adaptée.

Un enjeu d’égalité territoriale

Au-delà des chiffres, cette situation pose une question simple : toutes les habitantes de l’île disposent-elles des mêmes possibilités de se faire dépister près de chez elles ? Renforcer la disponibilité des examens, limiter les délais et mieux accompagner les déplacements font partie des pistes soulevées par les professionnels.

Pour les habitantes concernées, le médecin traitant, le gynécologue ou le centre régional de coordination du dépistage des cancers peuvent renseigner sur les modalités du programme.

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