À quatre jours de l’examen du projet de loi constitutionnelle au Sénat, un sondage Ifop commandé par Régions et peuples solidaires (R&PS) place l’autonomie de la Corse au centre du débat public. Selon les résultats rapportés ce jeudi 22 octobre 2026 par Corse-Matin, 64 % des électeurs corses interrogés déclarent qu’ils voteraient en faveur de l’autonomie si un référendum était organisé.
64 % d’intentions favorables en cas de référendum
Ce chiffre mesure une intention de vote déclarée dans le cadre d’une enquête d’opinion. Il ne s’agit ni d’un scrutin organisé ni d’une prévision certaine de son résultat. Les réponses pourraient évoluer selon la formulation d’une éventuelle question référendaire, le contenu précis du statut et la campagne qui la précéderait.
Le même sondage, tel que présenté par Corse-Matin, indique que 66 % des personnes interrogées en Corse souhaitent l’adoption du projet de loi par le Sénat. À l’échelle nationale, cette proportion atteindrait 62 %. Ces questions portent sur le soutien au texte parlementaire et ne doivent pas être confondues avec l’intention de vote à un référendum.
Le pouvoir législatif au cœur des attentes
Autre résultat mis en avant : 73 % des répondants corses se déclareraient favorables à l’attribution d’un véritable pouvoir législatif à l’Assemblée de Corse, contre 52 % dans une comparaison citée pour 2003. Une telle comparaison demande toutefois de connaître les formulations exactes et les méthodes des enquêtes avant de conclure à une évolution strictement comparable.
La question des compétences concrètes est centrale. Le projet de réforme constitutionnelle prévoit un statut d’autonomie au sein de la République. Ses modalités seraient précisées par une loi organique ultérieure. L’autonomie envisagée ne signifie donc pas l’indépendance de l’île, ni le transfert automatique de toutes les compétences de l’État.
Un Sénat divisé avant le 26 octobre
Le projet a été adopté par l’Assemblée nationale le 23 juin 2026. Il doit être discuté en séance publique au Sénat le lundi 26 octobre. La commission des lois s’est penchée sur le texte le 21 octobre et a adopté plusieurs amendements, notamment sur la formulation des références identitaires et culturelles. Un amendement destiné à encadrer plus étroitement le pouvoir normatif n’a pas été adopté en commission.
Ces votes ne constituent pas l’adoption définitive de la réforme : les sénateurs doivent encore se prononcer en séance. Les deux chambres devront s’accorder sur un texte identique avant la poursuite de la procédure de révision constitutionnelle.
Un sondage à lire avec ses précautions
La publication de ces chiffres intervient à un moment politiquement sensible. L’enquête a été réalisée pour Régions et peuples solidaires, formation engagée sur les questions régionales. Ce commanditaire doit être connu des lecteurs, sans préjuger de la qualité du travail de l’institut.
À ce stade, les éléments reproduits dans la presse ne permettent pas ici de confirmer la taille de l’échantillon, les dates de terrain, le mode de recueil et les marges d’incertitude. Ces informations sont indispensables pour interpréter précisément les pourcentages.
Pour les partisans de l’autonomie, les résultats rapportés témoignent d’un soutien dépassant leur électorat traditionnel. Les opposants ou les élus plus réservés mettent notamment en avant les interrogations sur la répartition des pouvoirs, l’égalité devant la loi et les garanties constitutionnelles. Le débat parlementaire du 26 octobre devra éclairer ces divergences.
Une chose est certaine : le 64 % publié ce jeudi constitue un élément nouveau du débat, mais ce sont les décisions parlementaires — et, le cas échéant, une consultation des électeurs — qui détermineront la suite du processus.
