Corse et Japon : la châtaigne ouvre de nouvelles perspectives

Publié le 23 octobre 2026 à 09:38 par MC

À première vue, la Corse et le Japon semblent séparés par bien plus qu’un océan. Pourtant, un fruit les rapproche : la châtaigne. Du 24 au 30 octobre 2026, une délégation du Japan Waguri Council est attendue dans l’île pour rencontrer des producteurs, des artisans, des chercheurs et des représentants institutionnels. L’enjeu dépasse la simple visite de courtoisie : les partenaires souhaitent donner une suite économique et culturelle à deux années de rencontres.

Un fruit, deux territoires et des traditions

Dans les villages corses, le châtaignier a longtemps nourri les familles, façonné les paysages et inspiré les recettes. Au Japon aussi, la châtaigne possède une place importante dans la gastronomie et les savoir-faire. C’est ce patrimoine partagé qui a permis aux échanges de prendre forme à partir de 2024, autour notamment du collectif Custodi di u Castagnetu et d’acteurs japonais engagés dans la valorisation du waguri, la châtaigne locale.

De l’Exposition universelle à un projet commercial

En 2025, la farine de châtaigne corse AOP avait déjà fait une apparition remarquée lors de l’Exposition universelle d’Osaka, dans des biscuits proposés au pavillon japonais. Une délégation japonaise s’était ensuite rendue en Corse, avant qu’une représentation corse ne participe à des rencontres au Japon en février 2026. Ces étapes ont progressivement transformé une curiosité réciproque en dialogue suivi.

Cette fois, l’entreprise japonaise Shunkado envisage d’importer de la farine de châtaigne corse AOP pour élaborer un produit spécifique. Il s’agit à ce stade d’une piste de collaboration, et non d’un contrat annoncé comme signé. Une autre idée est à l’étude : un rapprochement institutionnel entre Hamamatsu et Bastia.

Une semaine de rencontres sur le terrain

Le programme annoncé débute samedi 24 octobre avec une arrivée à Ajaccio. Le lendemain, la délégation doit visiter une châtaigneraie à Zonza. Le lundi 26, des échanges sont prévus à l’École hôtelière méditerranéenne d’Ajaccio. Le mardi 27, les visiteurs passeront par Bocognano, commune attachée à sa foire de la châtaigne, puis par l’Université de Corse à Corte.

Le mercredi 28, les rencontres doivent se poursuivre à Bastia, puis à Pieve. Le jeudi 29, cap sur la Castagniccia et Valle d’Orezza pour découvrir d’autres dimensions de la filière. Le départ est annoncé vendredi 30 octobre depuis Bastia. Ce calendrier reste celui communiqué avant la visite.

Une opportunité, mais aussi des questions concrètes

Une éventuelle ouverture du marché japonais pourrait offrir un débouché supplémentaire à une production insulaire porteuse d’une indication d’origine reconnue. Encore faut-il examiner les volumes disponibles, les coûts de transport, les exigences de qualité et la capacité des producteurs à répondre à une demande régulière. Pour les acteurs locaux, l’enjeu sera de valoriser le produit sans réduire le châtaignier à une simple marchandise.

Au-delà des ventes possibles, ces échanges parlent aussi de transmission, de paysages et de métiers. Deux îles, deux cultures, mais une même volonté de ne pas laisser disparaître un savoir-faire. A châtaigna, décidément, sait voyager !

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