Dans les stations-service corses, la question n’est plus seulement celle du prix affiché à la pompe. Pour certains exploitants indépendants, c’est la survie même de leur activité qui est en jeu. Le sujet a été porté au Sénat le mardi 20 octobre par Jean-Jacques Panunzi, sénateur de Corse-du-Sud.
Un modèle économique sous pression
L’approvisionnement maritime, les capacités de stockage limitées et les coûts propres à l’insularité pèsent sur le marché des carburants. Dans le même temps, les plafonds tarifaires pratiqués par TotalEnergies peuvent placer les indépendants dans une situation délicate : ils doivent rester compétitifs alors que leurs marges sont déjà réduites.
Le sénateur a alerté sur les risques pour l’emploi, la concurrence et le maintien de stations dans les zones rurales. Au-delà du carburant, ces points de vente constituent souvent un service de proximité essentiel pour les habitants.
Une cellule de suivi annoncée
Dans sa réponse officielle, la ministre Anne Le Hénanff a reconnu la spécificité du marché corse. Le Premier ministre a demandé au préfet de prendre contact avec les établissements les plus exposés. Une cellule de suivi doit examiner les situations individuelles et rechercher des outils pour soutenir leur trésorerie.
Une mission a par ailleurs été confiée au député Paul-André Colombani, avec un rapport attendu en novembre. Ces annonces constituent une première réponse, mais elles ne signifient pas qu’un nouveau fonds d’aide exceptionnel a été adopté.
Une baisse des prix annoncée, des questions en suspens
Le gouvernement a également évoqué la libération de 10 millions de barils de stocks stratégiques français. Selon ses estimations, la mesure doit contribuer à une baisse des prix de l’ordre de 12 à 18 centimes par litre, avec un bénéfice annoncé pour l’ensemble des stations, y compris indépendantes.
Il reste toutefois à connaître la traduction concrète de ces annonces en Corse : volumes accessibles aux fournisseurs, conditions d’achat, marges des détaillants et calendrier réel de répercussion. Une baisse théorique ne garantit pas à elle seule la pérennité des commerces les plus fragiles.
Des réponses attendues sur le terrain
Jean-Jacques Panunzi a plaidé pour des mécanismes ciblés, notamment des aides de trésorerie et des aménagements de charges. À ce stade, le gouvernement n’a pas confirmé la création d’un dispositif exceptionnel spécifique répondant à l’ensemble de ces demandes.
Pour les automobilistes corses, l’enjeu est double : payer moins cher et pouvoir continuer à trouver une station à proximité. Car un carburant moins cher, c’est une bonne nouvelle ; encore faut-il qu’il reste quelqu’un pour le distribuer au village.
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