Une nouvelle tragédie frappe la route migratoire entre l’Afrique de l’Est et la péninsule arabique. Au moins 139 personnes ont perdu la vie et 84 autres sont portées disparues après le naufrage d’une embarcation au large de Djibouti.
Le bilan a été communiqué dimanche 11 octobre 2026 par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence des Nations unies.
À bord, 305 personnes tentaient de rejoindre le Yémen. La majorité des passagers étaient originaires d’Éthiopie.
Un bateau surchargé, à quelques mètres de la côte
Le drame s’est produit dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 octobre, près de Guhere, au nord d’Obock.
Selon les témoignages recueillis par l’OIM, l’embarcation était beaucoup trop petite pour transporter autant de passagers.
Le bateau aurait commencé à basculer vers l’arrière dès l’embarquement.
Il a finalement chaviré à quelques dizaines de mètres seulement du rivage.
Une distance infime, mais suffisante pour transformer cette traversée en catastrophe.
Plus de 80 survivants, les recherches se poursuivent
Plus de 80 personnes ont survécu au naufrage, selon les Nations unies.
Toutes seraient de nationalité éthiopienne.
L’OIM prend notamment en charge 64 rescapés dans son centre d’accueil d’Obock.
Les équipes humanitaires leur fournissent des soins médicaux, un hébergement temporaire et une aide alimentaire.
De leur côté, les autorités djiboutiennes poursuivent les opérations de recherche.
Avec 84 personnes toujours portées disparues, le bilan humain pourrait encore s’alourdir.
Pourquoi prendre autant de risques ?
Pour comprendre ce drame, il faut regarder la situation dans la région.
De nombreux Éthiopiens fuient les violences et les difficultés économiques dans leur pays.
Leur objectif est souvent de rejoindre les pays du Golfe, dans l’espoir d’y trouver du travail et de meilleures conditions de vie.
Pour cela, ils traversent Djibouti avant de tenter de rejoindre le Yémen par la mer Rouge.
Mais cette route migratoire reste extrêmement dangereuse.
Depuis le 10 septembre, l’OIM a recensé plus de 20 000 arrivées à Djibouti depuis l’Éthiopie.
Certains avaient déjà tenté la traversée
Un détail rapporté par l’OIM illustre la détresse de ces migrants.
Environ 150 personnes présentes sur l’embarcation avaient déjà été refoulées du Yémen.
Malgré cette première tentative infructueuse, elles avaient décidé de reprendre la mer.
Un choix qui témoigne des difficultés auxquelles ces populations sont confrontées.
Et pourtant, le Yémen traverse lui-même une période de conflit et d’instabilité.
Une tragédie qui rappelle le danger de cette route
Ce naufrage figure parmi les plus meurtriers enregistrés ces dernières années au large de Djibouti, selon l’OIM.
Derrière les chiffres, il y a des familles, des proches et des personnes qui espéraient simplement trouver une vie meilleure.
139 morts. 84 disparus. Et des survivants désormais confrontés au traumatisme de cette traversée.
Ch’elli riposinu in pace. Qu’ils reposent en paix.
MC
