Il y a 83 ans, le 4 octobre 1943, s’achevait en Corse près d’un mois de combats contre les forces allemandes. Avec la libération de Bastia, dernière grande ville encore sous leur contrôle, l’île tournait définitivement la page de l’Occupation.
Cette journée reste l’une des dates majeures de l’histoire contemporaine de la Corse.
Une insurrection commencée en septembre
Tout s’accélère après l’annonce de l’armistice entre l’Italie et les Alliés, le 8 septembre 1943.
Dès le lendemain, la Résistance corse passe à l’action. Ajaccio est libérée le 9 septembre tandis que la situation devient particulièrement confuse à Bastia, où Italiens et Allemands s’affrontent.
Les forces allemandes concentrent progressivement leur retraite sur la côte orientale. Bastia devient alors essentielle : son port doit permettre l’évacuation vers l’Italie des soldats et du matériel.
La ville retombe sous contrôle allemand et la population subit de sévères restrictions. Pendant ce temps, les résistants poursuivent le combat dans différentes régions de l’île.
Des renforts arrivent d’Afrique du Nord
À Ajaccio, des hommes du 1er bataillon de choc arrivent depuis l’Afrique du Nord, notamment grâce au sous-marin Casabianca.
Ils sont rejoints par des tirailleurs marocains, des goumiers, des spahis ainsi que des unités d’artillerie et du génie.
Ces troupes combattent aux côtés des résistants corses. Des unités italiennes, désormais engagées contre les Allemands, participent également aux opérations.
L’objectif est désormais clair : poursuivre les forces allemandes en retraite et reprendre Bastia.
La bataille se rapproche de Bastia
À la fin du mois de septembre, l’étau se resserre autour de la ville.
Le col de San Stefano est pris le 30 septembre. Les combats se déplacent ensuite vers le secteur stratégique de Teghime.
Sur ce terrain montagneux particulièrement difficile, les goumiers marocains jouent un rôle déterminant.
Le col de Teghime tombe le 3 octobre 1943.
La route vers Bastia est ouverte. Dans le même temps, d’autres unités progressent à travers le Cap Corse tandis que les forces allemandes poursuivent leur évacuation.
Le drapeau français flotte à nouveau sur Bastia
À l’aube du 4 octobre 1943, les combattants entrent dans Bastia.
À 5 h 45, le drapeau français flotte sur l’hôtel de ville.
La libération de la Corse est achevée.
La victoire laisse cependant derrière elle une ville profondément meurtrie. Bastia a subi les combats, les tirs d’artillerie et les bombardements. Ses infrastructures portuaires et ferroviaires sont lourdement endommagées.
Une victoire stratégique pour les Alliés
La libération de la Corse constitue également une étape importante de la Seconde Guerre mondiale en Méditerranée.
Libérée plusieurs mois avant le débarquement de Normandie, l’île devient une base stratégique pour les Alliés. Sa position permet notamment de soutenir les opérations militaires menées en Italie puis en direction de la Provence.
Cette victoire est surtout le résultat d’un combat collectif.
Résistants corses, soldats français venus notamment d’Afrique du Nord et forces italiennes ayant retourné leurs armes contre l’Allemagne participent à la libération de l’île.
83 ans plus tard, une date toujours symbolique
Ce 4 octobre 2026, 83 années se sont écoulées depuis la libération de Bastia.
Cette date rappelle le rôle joué par la Résistance corse et par les différents combattants engagés dans une bataille qui permit à l’île de retrouver sa liberté.
Une page majeure de l’histoire de la Corse dont la mémoire continue de se transmettre, génération après génération.
Et vous, connaissiez-vous l’histoire de la libération de Bastia et de la Corse ?
